Le Parlement européen maintient les normes d'émission de CO2 pour les véhicules lourds
Le mardi 21 novembre 2023, le Parlement européen a adopté sa position de négociation sur de nouvelles mesures visant à renforcer les objectifs de réduction des émissions de CO2 pour les nouveaux véhicules lourds, notamment les bus, les camions et les remorques. Ces mesures visent à réduire l'impact du secteur des transports sur le climat.

Le Parlement a confirmé les objectifs de réduction des émissions de CO2 proposés par la Commission européenne. Les objectifs seraient de 45% de réduction pour la période 2030–2034, 65% pour 2035–2039 et 90% de réduction à partir de 2040. De plus, la révision de ces objectifs a été avancée à 2027. La Commission européenne est également invitée à développer une méthode d'immatriculation des véhicules lourds fonctionnant avec des carburants neutres en CO2, ce qui laisse les biocarburants et les e-carburants comme options ouvertes.
La position adoptée par le Parlement européen est une étape importante dans le renforcement des efforts visant à réduire les émissions de CO2 des véhicules lourds. La prochaine étape consiste à négocier le texte final des mesures entre le Parlement et le Conseil. Cette négociation devrait se terminer au début de l'année 2024.
Bernard Lycke, directeur général du CECRA, une organisation représentant les intérêts de la distribution automobile, a réagi positivement à la position adoptée par le Parlement. Il souligne l'importance d'encourager la diversité technologique afin que les opérateurs aient plus de choix et que les émissions puissent être réduites plus efficacement. Tout en saluant les efforts de réduction des émissions, M. Lycke souligne également que les objectifs fixés seront très difficiles à atteindre pour les fabricants et les autres acteurs de la chaîne de valeur de la distribution, du transport et de la logistique. Il est essentiel que ces objectifs restent réalisables et abordables.
Toutefois, l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) prévient qu'il faut aller plus loin que de simples objectifs sur le papier. Pour atteindre les objectifs fixés en matière de réduction des émissions de CO2, il faut une transformation globale de l'écosystème du transport lourd. Cela nécessitera l'implication d'acteurs publics et privés et une transformation complète du système. L'ACEA souligne que les constructeurs investissent déjà des milliards dans les technologies zéro émission pour les véhicules à batterie et à hydrogène. Ces technologies sont de plus en plus disponibles et leur production augmente rapidement. Cependant, la disponibilité d'infrastructures de recharge et de remplissage, des systèmes efficaces de tarification du carbone et des mesures de soutien pour remplacer les modèles conventionnels sont des obstacles majeurs à la transition vers des véhicules à zéro émission.
Sigrid de Vries, directrice générale de l'ACEA, souligne que les constructeurs font tout ce qu'ils peuvent pour décarboniser leurs véhicules, mais qu'ils sont tributaires de conditions qui échappent à leur contrôle. Il est essentiel que les décideurs politiques le reconnaissent et mettent en place un cadre politique favorable afin d'accélérer la transition écologique du transport routier. En outre, l'ACEA préconise un contrôle annuel des conditions-cadres au niveau national afin que d'éventuelles lacunes dans l'infrastructure ou d'autres conditions-cadres puissent être traitées à temps. Selon l'ACEA, il serait injuste d'imposer des sanctions aux constructeurs qui n'atteignent pas les objectifs en cas de conditions-cadres inadéquates.