Une étude allemande relance le débat sur le contrôle technique
Les défauts techniques jouent un rôle plus important qu'attendu
À la veille de la décision du Gouvernement flamand concernant la réforme du contrôle technique, une nouvelle étude scientifique vient alimenter le débat. Une vaste étude allemande conclut que les défauts techniques jouent un rôle plus important dans les accidents graves de la route qu'on ne le supposait jusqu'à présent. GOCA Vlaanderen demande dès lors que l'impact de la réforme sur la sécurité routière soit analysé plus en profondeur avant toute décision définitive.
L'une des plus grandes études européennes
Des chercheurs de la Hochschule für Technik und Wirtschaft (HTW) Dresden et de l'AFUS Forschungsgesellschaft ont analysé l'état technique de 2.429 véhicules impliqués dans des accidents graves entre 2014 et 2025. Selon les auteurs, il s'agit de l'une des études européennes les plus complètes jamais réalisées sur le lien entre l'état technique des véhicules et la sécurité routière.
L'analyse montre que des défauts techniques ont été considérés comme la cause, une cause contributive ou une cause possible dans 6,4% des accidents graves étudiés. Selon les chercheurs, cette proportion est supérieure à celle de plusieurs autres facteurs de risque traditionnellement très présents dans le débat sur la sécurité routière.
L'étude met également en évidence une forte corrélation entre l'âge des véhicules et la présence de défauts techniques liés aux accidents. Pour les véhicules âgés de trois ans, cette proportion atteint 2,9%. À partir de quinze ans, elle grimpe à 9,2%, tandis que pour les véhicules de plus de vingt ans, plus d'un véhicule sur cinq présente de tels défauts.
Les chiffres flamands montrent la même évolution
Selon GOCA Vlaanderen, les statistiques flamandes du contrôle technique confirment également l'importance croissante de la sécurité technique des véhicules plus anciens. En 2025, environ 3,6 millions de véhicules ont été contrôlés, dont plus de 695.000, soit environ 19%, ont été recalés.
Le risque de refus augmente fortement avec l'âge du véhicule. Les défauts concernent régulièrement des éléments essentiels pour la sécurité, tels que les freins, les pneus, l'éclairage ou encore la suspension.
GOCA demande une analyse d'impact complémentaire
Selon GOCA Vlaanderen, ces nouveaux résultats scientifiques confirment que l'état technique des véhicules demeure un pilier essentiel d'une politique globale de sécurité routière. L'organisation demande donc que les conséquences de la réforme envisagée soient pleinement évaluées avant toute décision définitive.
"Les nouvelles connaissances scientifiques ainsi que les incertitudes qui subsistent dans le projet montrent que l'impact de cette réforme n'est aujourd'hui pas encore totalement évalué. Nous demandons donc aux décideurs politiques de prendre le temps d'examiner pleinement tant les conséquences pour la sécurité routière que la faisabilité pratique de cette réforme avant de prendre une décision définitive", déclare Raph Verbruggen, administrateur délégué de GOCA Vlaanderen.
Des questions pratiques subsistent
Outre les résultats de cette nouvelle étude, GOCA Vlaanderen souligne que le projet de réforme comporte encore plusieurs interrogations d'ordre technique et juridique. L'organisation évoque notamment la mise en œuvre des nouvelles périodicités de contrôle, la suppression du contrôle technique préalable à la vente d'un véhicule d'occasion, les mesures transitoires ainsi que les modalités futures de contrôle du respect de l'obligation de présentation au contrôle technique.
Selon GOCA Vlaanderen, tant ces aspects pratiques que les nouvelles données scientifiques méritent d'être pleinement pris en considération dans le processus décisionnel.
