Autoroutes à caténaires pour les camions
une solution au changement climatique rentable
Faire circuler les camions sur des autoroutes équipées de caténaires est aussi une manière pour la Flandre de rendre le transport par poids lourds indépendants des carburants fossiles. C’est ce qu’il ressort des résultats intermédiaires du projet Logibat mené par l’institut VIL en collaboration avec une trentaine d’entreprises. L’étude réalisée par l’Université d’Anvers, partenaire du VIL, montre que chaque euro investi aujourd'hui dans cette solution au changement climatique peut rapporter 8,3 euros sur 20 ans.

Les camions 'Catenary Electric Road Systems (ERS)', qui sont équipés d'un pantographe comme un train ou un tram, permettent de rouler sans émissions grâce à l’énergie fournie par la caténaire, tout en rechargeant leurs batteries. Ils pourraient ainsi compléter les points de recharge fixes installés dans les dépôts et le long des autoroutes.
Logibat
Avec le développement spectaculaire de la technologie des batteries, les véhicules à batteries électriques sont en mesure d'apporter une contribution substantielle et économique à la réduction des émissions. Par ailleurs, le renforcement des réglementations et la nécessité toujours plus pressante d’une politique de développement durable poussent le secteur logistique à la réflexion. "VIL a lancé le projet Logibat afin d’étudier les conditions opérationnelles et économiques à remplir pour que des camions à batteries électriques soient viables, et de déterminer les exigences de déploiement d'un réseau de recharge national, tant chez les chargeurs et dans les dépôts que dans les infrastructures de repos (semi)publiques", explique Sophie Delannoy, chef de projet chez VIL.
Modèle de calcul de l'Université d'anvers
La technologie ERS a un rôle à jouer dans le déploiement de ce réseau de recharge national. Raimonds Aronietis, économiste des transports à l’Université d’Anvers, a développé un modèle de calcul spécifique pour la Flandre, qui prend en compte la configuration du réseau routier, la répartition des centres logistiques et des sites industriels, les volumes de trafic sur les autoroutes flamandes, les performances des différentes technologies et leurs caractéristiques économiques, les coûts de construction d’un réseau de caténaires, les prix de l’énergie, etc.

un Investissement relativement modeste
D’autant que le réseau pourra aussi être utilisé par les poids lourds internationaux. Ce peut être une solution rentable pour décarboner le transport routier, tant pour les transporteurs que pour les opérateurs du réseau, car elle entraîne des coûts d'investissement et en énergie moins élevés que le diesel ou d’autres technologies alternatives. Le faible niveau d'investissement s’explique par la possibilité d’équiper les camions avec des batteries plus petites par rapport aux modèles à batteries électriques traditionnels. Les calculs montrent que le déploiement d’un réseau de caténaires à grande échelle rendrait pratiquement tous les sites industriels de Flandre accessibles même avec la plus petite capacité de batterie de 100 kWh.
La Flandre ne peut pas rater le coche
Siemens Mobility, une des entreprises participantes, souhaite pouvoir s’atteler au déploiement concret de la solution sur la base de ces résultats. " Nous sommes une entreprise technologique centrée depuis longtemps sur l’électrification ferroviaire et cela fait plus de 10 ans que nous développons des solutions pour les eHighways. Nous avons déjà beaucoup appris des tests sur les autoroutes allemandes et des recherches menées au Royaume-Uni, au Canada et en Suède, par exemple. Nous sommes heureux que les autoroutes électrifiées soient désormais présentées en Flandre également comme une solution manifestement viable et rentable. Nos pays voisins sont convaincus que c’est une manière de rendre le trafic de poids lourds plus respectueux du climat. Plusieurs grands projets sont déjà en cours en Allemagne et la question est sérieusement à l’étude dans des pays comme les Pays-Bas, la France et le Royaume-Unis, entre autres. Nous espérons que la Flandre ne ratera pas le coche. Nous pouvons d'ores et déjà chercher les trajets qui se prêtent le mieux à des projets de ce type, par exemple dans nos régions portuaires", commente Pol Caby, CEO de Siemens Mobility NV.

