Les hybrides rechargeables sont plus polluants que ce qu'on ne pense
Plus d'émissions de CO2 que ce qui est annoncé

Une récente étude réalisée par l'Université de Graz (Autriche) pour le compte de Transport & Environment montre que trois PHEV de BMW, Peugeot et Renault émettent plus de CO2 que ce qui est affirmé par leur fabricant. Cela a été démontré lors d'essais pratiques sur route, notamment lors de la conduite en ville et des trajets domicile-travail. T&E demande donc la fin des subventions pour les PHEV et une taxe qui tienne compte des émissions réelles, et non des émissions théoriques.
Pollution
Les hybrides rechargeables sont toujours présentés comme une solution verte pour le climat, alors qu'il a été démontré que leur réputation n'est pas aussi propre que ce qu'on ne pense. Nous savons depuis longtemps que la fabrication des batteries de ces voitures est très polluante, mais les recherches montrent désormais que les PHEV émettent plus de CO2 pendant les trajets domicile-travail et la conduite en ville qu'on ne le croit.
T&E avait affirmé quelque chose de similaire il y a deux ans, mais concernant des voyages plus longs. Le lobby pour les véhicules entièrement électriques voit donc son point de vue conforté par une récente étude menée en Autriche. Bien que l'agenda de T&E ne soit pas toujours objectif, il semble que le groupe ait raison: les PHEV polluent - à plusieurs niveaux - et cela doit être reconnu dès le départ. Il s'agit notamment de taxer ces voitures en fonction de leur niveau effectif de pollution, plutôt que de les étiqueter simplement comme étant 'zéro émission'.
T&E va même plus loin et demande la fin du subventionnement des PHEV. Bien que ces subventions aient déjà considérablement diminué dans de nombreux pays ces dernières années, l'achat d'un hybride de ce type est toujours encouragé. Le fait est que ces voitures sont généralement beaucoup moins chères qu'une voiture entièrement électrique, qui reste inabordable pour la plupart des gens.
Il semble donc peu probable que la suppression des subventions entraîne une augmentation du nombre de BEV sur les routes: les gens sont plus susceptibles d'opter pour les moteurs à combustion interne traditionnels si les hybrides deviennent trop chers. A court terme, les PHEV semblent donc être une bonne solution, dans le cadre d'une transition plus longue des combustibles fossiles vers la conduite entièrement électrique. La suppression des subventions pour les PHEV pourrait bien perturber ce processus.
L'étude
Trois PHEV récents ont été soumis à une analyse approfondie: la BMW Série 3, la Peugeot 308 et la Renault Megane. Même lorsqu'on a commencé le test avec une batterie pleine, on a constaté qu'ils émettaient beaucoup plus de CO2 que ce que prétendait le fabricant. Les émissions de la BMW étaient même trois fois plus élevées que le résultat officiel, lors d'un trajet domicile-travail typique. La Peugeot et la Renault ont fait beaucoup mieux, mais ont tout de même pollué respectivement 20% et 70% de plus qu'annoncé, malgré un trajet assez court de 55 km.
En ville, l'autonomie des hybrides s'est également avérée décevante. La Peugeot n'a atteint que 53% de l'autonomie électrique annoncée, tandis que la BMW a atteint 74%. Seule la Renault a effectivement atteint l'autonomie annoncée, mais elle ne peut parcourir que 50 km avec une batterie pleine et ne dispose pas d'une fonction de charge rapide, ce qui peut limiter son application pratique.
BMW a introduit une nouvelle technologie basée sur le geo-fencing, où le PHEV passe automatiquement à la conduite tout électrique en ville. Cependant, l'étude a révélé que la Série 3 a allumé le moteur à combustion deux fois lors du test. Un autre problème est que cette technologie pourrait entraîner une utilisation trop limitée de la batterie en dehors des zones désignées, ce qui se traduirait par une augmentation des émissions lors de certains trajets.
Les utilitaires représentent 71% des nouvelles ventes de PHEV, et les recherches montrent que ces voitures parcourent la grande majorité de leur distance en utilisant le moteur à combustion et sont rarement rechargées. En testant les trois modèles avec une batterie déchargée, on a constaté qu'ils émettaient cinq à sept fois plus de CO2 que prévu.
économies
L'année dernière, les pays européens ont dépensé ensemble environ 350 millions d'euros en subventions pour les PHEV des seuls constructeurs BMW, Peugeot et Renault. Cela coûte évidemment très cher au contribuable, mais T&E affirme qu'un PHEV revient généralement plus cher qu'un BEV. Le consommateur européen moyen économiserait 4.800 euros en quatre ans en passant d'une Peugeot 308 hybride rechargeable à une Citroën eC4. De son côté, la Renault Megane électrique devrait être 1.300 € moins chère que la version PHEV. Enfin, une Tesla Model 3 serait 2.600 € moins chère que la BMW Série 3 PHEV.
En pratique, ces montants dépendront beaucoup des prix spécifiques de l'énergie dans le pays en question. Comme nous l'avons mentionné, il reste à voir si un PHEV plus cher ouvrira la porte à une alternative tout électrique. Pour l'instant, les moteurs à combustion interne restent une option et sont beaucoup plus attrayants pour de nombreuses personnes. Cela concerne non seulement le prix, mais aussi l'autonomie de la voiture, un aspect pour lequel le PHEV offre une solution, mais pas le BEV.
De plus, l'infrastructure de recharge dans notre pays a est loin d'avoir atteint un niveau acceptable pour soutenir une large flotte de voitures entièrement électriques. Une dernière critique ne concerne pas tant les émissions des hybrides, mais la comparaison avec la nature polluante des voitures à combustion équivalente. L'étude ne dit rien à ce sujet, alors qu'il est particulièrement important de savoir si ces PHEV sont plus performants que leurs homologues à moteur à combustion interne. S'il semble juste de souligner les émissions réelles des hybrides, les contourner ne semble pas être la solution la plus écologique à court terme.