Bruxelles immatricule encore 2.215 diesel VO
La LEZ la plus stricte ne fait pas disparaître le diesel
Le marché belge de l'occasion a ralenti au début de l'année 2026. Entre janvier et avril, 222.936 véhicules d'occasion ont été immatriculés, soit 3,8% de moins que durant la même période l'an dernier. Derrière ce recul global se cache toutefois une évolution beaucoup plus marquée: celle du diesel. Selon une analyse d'AutoScout24, les motorisations diesel perdent du terrain beaucoup plus rapidement que le reste du marché, surtout dans les grandes villes soumises à une zone de basses émissions (LEZ).
Entre janvier et avril 2026, le diesel représentait encore 21,7% des immatriculations de véhicules d'occasion en Belgique, contre 26,6% un an plus tôt. En volume, les immatriculations diesel ont reculé de 19,6% sur un an, une baisse nettement plus forte que celle de l'ensemble du marché de l'occasion.
Une demande encore présente à Bruxelles
Depuis janvier 2026, Bruxelles applique les règles LEZ les plus strictes du pays. Les véhicules diesel Euro 5 ne peuvent plus y circuler librement. Pourtant, depuis le début de l'année, 2.215 voitures diesel d'occasion ont encore été immatriculées en Région bruxelloise.
L'analyse d'AutoScout24 montre qu'environ un diesel d'occasion sur quatre immatriculé à Bruxelles depuis le début de l'année concerne un véhicule mis en circulation avant 2015 et donc potentiellement concerné par les restrictions de la LEZ. Concrètement, il s'agit de 542 véhicules, soit 24,5% du total. Les 1.673 autres véhicules, soit 75,5%, datent de 2015 ou plus tard.
Les différences entre communes bruxelloises sont également importantes. Anderlecht affiche le nombre le plus élevé d'immatriculations de diesel d'occasion, avec 319 unités, devant Molenbeek-Saint-Jean (295) et Schaerbeek (248). Suivent ensuite Laeken (177) et Bruxelles-Ville (174). À l'autre extrémité du classement figurent notamment Auderghem (28) et Watermael-Boitsfort (24).
Le prix reste déterminant
Selon AutoScout24, cette situation illustre une réalité de marché complexe. Malgré le durcissement progressif des zones de basses émissions, une partie des automobilistes continue de se tourner vers des véhicules diesel d'occasion, surtout parce qu'ils restent plus accessibles financièrement. Le prix moyen des véhicules diesel sur AutoScout24 a reculé de près de 9,1% au cours des quatre dernières années. Les diesel d'occasion sont en outre en moyenne 19,7% moins chers que des modèles essence comparables.
"Les données montrent que les LEZ influencent déjà fortement le marché automobile belge, particulièrement à Bruxelles. Mais elles montrent aussi une réalité économique importante: une partie des automobilistes continue de se tourner vers des véhicules diesel d'occasion plus accessibles financièrement, malgré un cadre réglementaire devenu plus strict. Le renouvellement du parc se fait progressivement, mais pas au même rythme pour tous les ménages", commente Vincent Hancart, country manager d'AutoScout24 Belgique.
Anvers et Gand à un autre rythme
Bruxelles n'est pas la seule ville belge à disposer d'une zone de basses émissions. Anvers et Gand appliquent également une LEZ, mais leurs critères sont actuellement plus souples que ceux de la capitale. En 2026, les véhicules diesel Euro 5 y restent encore autorisés.
Cette différence réglementaire semble aussi se refléter dans la composition du marché diesel d'occasion. Historiquement, le diesel est plus présent en Flandre, notamment en raison des déplacements pendulaires et du poids des véhicules de société. En parallèle, les différences entre règles LEZ semblent progressivement influencer le rythme de renouvellement du parc diesel.
À Bruxelles, près de trois quarts des diesel immatriculés d'occasion depuis le début de l'année concernent des véhicules datant de 2015 ou plus tard. À Anvers, cette proportion atteint environ 60%, contre environ 59% en Flandre orientale. La LEZ bruxelloise semble donc accélérer davantage le passage vers des diesel plus récents que les zones de basses émissions flamandes.
