UN LIFTING bien pensé
Essai routier de la Jeep Compass 1.3 Turbo T4 4x2 MTX
Il est davantage question d'un lifting bien pensé que d'un nouveau modèle. Mais il s'agit du premier SUV de Jeep présenté sous le drapeau de Stellantis. Et il conserve le rayonnement auquel on est habitué. Cependant, on retrouve les nouveaux intérieurs, les tableaux de bord numériques Full HD et le nouveau moteur essence turbo 4 cylindres 1,3 litre, nouveau fer de lance de la gamme de moteurs actualisée. Ses concurrents sont nombreux. En effet, son territoire sera le segment de marché populaire des SUV-C. Nous avons conduit cette 'nouvelle' Jeep Compass à traction avant équipée du 4-cylindres 'FireFly GSE', lequel a fait ses débuts sur le Renegade et remplace désormais le moteur 1.4 MultiAir Turbo (pourtant pas si vieux).
Avec le Renegade, plus compact, le Compass représente plus de 40% des ventes européennes de Jeep. On peut même dire que c'est le modèle de Jeep le plus populaire en Europe. Fait frappant: plus d'un quart des modèles Compass vendus sont dotés d'une motorisation hybride rechargeable. Ces versions partiellement électriques - reconnaissables au logo 4xe - joueront également un rôle important dans la gamme de moteurs actualisée de la nouvelle Jeep Compass. C'est compréhensible.
Des délais de livraison raccourcis
Avec le Compass, Jeep fait ainsi un clin d'œil au segment C-SUV, le segment de marché le plus populaire aujourd'hui. La propulsion partiellement électrique est - dans un premier temps du moins - indispensable pour peupler ce marché avec une chance raisonnable de succès. De plus - surtout sur ce marché et encore plus que sur d'autres segments - les longs délais de livraison sont hors de question. Il ne suffit donc pas de commercialiser un modèle renouvelé avec quelques mises à jour. Il faut aussi que les délais de livraison ne mettent pas la patience du client à l'épreuve car ce dernier a l'embarras du choix. La plus grosse nouveauté industrielle de cette aventure Compass s'inscrit donc dans cette problématique. Alors que les modèles Compass qui circulent en Europe depuis 2017 étaient encore construits au Mexique, la production a désormais été transférée en Italie, à l'usine FCA de Melfi. Cela offre (du moins pour l'Europe) davantage de garanties de délais de livraison réduits. Pour autant que Melfi puisse encore échapper à la débâcle mondiale concernant l'approvisionnement en composants semi-conducteurs...
Concurrents
Le segment SUV-C compte un nombre impressionnant de concurrents. Voici une sélection de la longue liste de 'concurrents' qui compliqueront les choses pour la nouvelle Jeep Compass - sans mentionner les modèles haut de gamme, dont le prix est généralement plus élevé, car la liste deviendrait trop longue: Citroën C5 Aircross, Dacia Duster, Ford Kuga, Hyundai Tucson, Kia Sportage, Mazda CX-5, Nissan Qashqai, Opel Grandland, Peugeot 3008, Renault Kadjar, SEAT Ateca, ŠKODA KAROQ, Toyota RAV4, VW Tiguan, etc.
L'infodivertissement le plus avancé de Jeep
A première vue, le nouveau Compass diffère peu de ses prédécesseurs. Mais la vraie différence se situe au niveau de l'intérieur. Avec - ce qui saute aux yeux - une qualité de construction qui a indéniablement porté cette Jeep à un niveau supérieur. L'architecture intérieure est plus équilibrée, mais aussi plus qualitative. L'utilisation d'éléments en plastique dur a été limitée. Ils ont été remplacés par des matériaux plus souples.
Le tableau de bord a été entièrement repensé. Le Compass est muni d'un écran de contrôle numérique Full HD de 10,25 pouces et d'Uconnect 5. Ce dernier est considéré comme l'infodivertissement le plus avancé jamais installé par Jeep. Avec un processeur cinq fois plus rapide, nous dit-on. Cet infodivertissement Uconnect 5 avec - selon la version - un écran de 8,4 ou 10,1 pouces n'est plus intégré à la console centrale. Il est installé de manière flottante, en position haute et au milieu du tableau de bord. D(igital) A(udio) B(roadcast), intégration sans fil du smartphone Apple CarPlay/Android Auto, navigation interactive TomTom 3D, reconnaissance vocale et services Uconnect font partie des équipements de série.
Semi-autonome
Ce Compass sera également la première Jeep en Europe à pouvoir rouler de manière autonome (niveau 2). Il est donc équipé de série des derniers systèmes ADAS. Reconnaissance des panneaux de signalisation, assistant de vitesse intelligent, alerte de somnolence, freinage automatique d'urgence, reconnaissance des piétons et des cyclistes: tout est prévu. Il est également - et surtout - équipé d'un assistant de conduite sur autoroute qui, en combinaison avec un assistant de vitesse intelligent et un système de surveillance active de la trajectoire, surveille la vitesse et la trajectoire et les 'ajuste' si nécessaire. Cela permet au Compass de rester de manière autonome au centre de sa voie et à une distance sûre du trafic qui le précède.
Du MultiAir Turbo au FireFly GSE
Le 1.4 MultiAir Turbo disparaît du Compass alors qu'il n'était pas si vieux. Maintenant, qu'appelle-t-on 'vieux'? En cette ère d'évolution rapide de la technologie, ce qui est nouveau aujourd'hui sera dépassé demain. A la place, on trouve un nouveau moteur à essence de 1,3 litre à quatre cylindres. Il est plus léger car le bloc-moteur et le vilebrequin sont en aluminium ou en alliage. Jeep a déjà monté ce 1.3 FireFly GSE (Global Small Engine) sur le Renegade. Par rapport au moteur à essence précédent, le nouveau venu est plus puissant (+40 Nm) et plus économique (-27% de CO2). Le réglage spécifique du turbo joue un rôle important à cet égard. On parle également d'un nouveau turbo qui provoque une meilleure réponse dans les régimes inférieurs et réduit le CO2.
Le fer de lance de la nouvelle gamme de moteurs
Outre ses cinq niveaux de finition (Sport, Longitude, Limited, S et Trailhawk), le Compass peut être proposé avec une variété de moteurs. Avec un choix de groupes motopropulseurs à essence, diesel et hybride rechargeable. Tous les moteurs sont conformes à la réglementation Euro 6D Final. En tant que moteur le plus fréquemment rencontré, le 1.3 GSE nouvellement introduit est le fer de lance de cette gamme de moteurs nouvellement actualisée. Plus encore: à l'exception du diesel, tous les groupes motopropulseurs sont conçus autour de ce moteur essence 1,3 litre GSE 4 cylindres sous pression. Il est proposé - sans assistance électrique - en 130 ch ou 150 ch avec respectivement une boîte de vitesses manuelle à six rapports ou une transmission à double embrayage sec (DDCT). Dans les deux cas, en combinaison avec la traction avant. Il existe également un diesel 1,6 litre (130 ch), avec une transmission manuelle à six vitesses et une traction avant. Le Compass ne serait pas une Jeep s'il n'était pas disponible en version quatre roues motrices. D'où les modèles avec le logo 4xe. Il s'agit des versions plug-in-hybrides dotées du moteur à essence 1,3 litre GSE qui, en partie alimenté par l'électricité, offre une puissance système de 190 ch ou 240 ch et est couplé à une boîte automatique à six vitesses et à l'eAWD, un entraînement à quatre roues motrices électrifiées. Un groupe motopropulseur PHEV, donc, comme celui que l'on trouve aujourd'hui dans le Renegade 4xe.
dynamique
Associé à une boîte de vitesses manuelle bien étagée, ce Compass - dont le moteur est plutôt petit par rapport aux normes Jeep - laisse une impression dynamique. 'Boîte de vitesses bien étagée' n'est pas tout à fait approprié dans ce cas. Il s'agit plutôt de 'rapports de vitesse parfaitement adaptés au comportement de ce moteur de 1,3 litre'. Ce 'petit' quatre-cylindres génère certes un peu plus d'ardeur que son prédécesseur 1.4 MultiAir mais dans les bas régimes, il a encore du mal à cacher sa cylindrée limitée. Comme il est à bout de souffle dans les bas régimes, Jeep a gardé les trois premiers rapports plus courts. Cela signifie que les changements de vitesse doivent être effectués plus rapidement, mais ce Compass ne peut certainement pas être qualifié de lent ou de léthargique. Malgré son poids, son apparence robuste et sa surface frontale généreuse, le 1.3 avec ses 130 ch et sa boîte manuelle à cinq vitesses laisse une impression dynamique. Les chiffres de consommation (voir fiche technique) sont raisonnables compte tenu de la taille de la voiture et de son poids.
Agréable et confortable
Dès les premiers mètres, c'est clair: la suspension, la direction, le comportement en virage et la stabilité en ligne droite sont clairement réglés pour satisfaire l'Européen exigeant dans ces domaines. De plus, les ingénieurs ont fait tout leur possible pour réduire les symptômes NVH (Noise, Vibration, Harshness). Notamment grâce à la diminution du poids du bloc-moteur et à l'allègement de la construction. Avec tout, le Compass se conduit davantage comme une voiture de tourisme à traction avant mature. Pas comme un tout-terrain rigide (ce que la carrosserie, qui ressemble fortement à celle du grand Cherokee, suggère à tort). La suspension n'est pas excessivement rigide. Au contraire, elle est douce et confortable. Sans toutefois avoir tendance à faire pencher la carrosserie, et ce malgré la garde au sol et la position haute de l'habitacle. On est plus haut que dans la plupart des SUV concurrents et... ça se ressent immédiatement. Jeep peut s'appuyer sur des années d'expertise dans le développement de SUV. Dans le cas de ce Compass, cela s'est traduit - plus que jamais - par une voiture confortable à conduire ... dont l'assistance de la direction nous a toutefois semblé un peu trop zélée à vitesse normale.
Conclusion
Avec son fougueux moteur 1,3 litre de 130 ch, la Jeep Compass est avant tout une voiture de tourisme agréable à conduire et spacieuse, surtout en version traction avant. Elle est moins adaptée - comme son apparence le suggère - pour s'aventurer sur des terrains exigeants. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne serait pas capable de supporter des routes sans revêtement. Son moteur relativement petit - pour les normes Jeep - a suffisamment de puissance et ne décevra jamais, compte tenu du poids et de la taille de la voiture. En outre, son comportement est agréable et - grâce aux caractéristiques NVH améliorées - plus confortable que celui de son prédécesseur, introduit pour la première fois en Europe en 2017.