C'est tout ce qu'elle a besoin d'être
Essai Renault Twingo (IV) E-Tech electric (27,5 kWh - 60 kW/82 ch)
Une voiture électrique contemporaine, pratique, agréable à regarder et étonnamment douce à conduire, destinée à un usage quotidien en ville et hors de la ville. Elle est également abordable. Sans pour autant donner l'impression d'être une voiture électrique à bas prix. Avec un prix inférieur à celui d'une voiture moyenne du segment B, offrant plus que la plupart des modèles de base du segment A. Selon les critères actuels des VE, la capacité de la batterie peut sembler insignifiante, mais plus (kWh) ne devrait pas l'être, comme le montre l'essai de la nouvelle Twingo E-Tech, la voiture électrique la plus chère de Renault.
Ne vous laissez donc pas aveugler par l'apparence de la capacité de la batterie d'une voiture électrique compacte à prix abordable. Un véhicule électrique moins cher à l'achat mais qui ne donne jamais l'impression d'être "bon marché" au volant. La nouvelle Twingo, qui en est à sa quatrième génération et qui n'est disponible qu'en version électronique, n'est pas seulement une voiture électrique plus abordable. Elle est en outre durable. En effet, grâce à un moteur électrique optimisé et à une aérodynamique plus efficace, la consommation d'énergie est mieux maîtrisée. Cette Twingo E-Tech utilise donc plus économiquement l'énergie de la batterie, plus petite, plus légère et surtout moins chère.
Fort de son expertise dans le domaine des voitures compactes et de la propulsion électrique, Renault propose une voiture électrique du segment A qui a fière allure. Et ce, grâce à un langage stylistique qui respecte l'ADN de la Twingo de la toute première génération et qui fait parfaitement rimer le dessin abc avec le contexte du design contemporain.
Une descendance directe
Avec le même look et ce caractère typique de Twingo avec lequel Renault a osé animer la citadine compacte avec un design ludique dans les années 1990, la Twingo (IV) E-Tech électrique reste une descendante directe de cette toute première Twingo. Les contours monovolumes et les formes en relief ont été conservés et, à l'instar des phares, habillés d'éléments de design technique encore plus expressifs. Le capot est également plus plongeant, car l'aérodynamique a été améliorée. La calandre rappelle également la première génération de Twingo. Il en va de même pour l'arrière, avec les contours familiers de la lunette arrière et les petites ailettes au-dessus des blocs de feux arrière arqués qui intègrent, outre l'éclairage, les feux stop, les clignotants, le feu de recul (à droite) et le feu antibrouillard (à gauche).
L'écran de l'OpenR
L'intérieur témoigne d'un caractère Twingo immédiatement reconnaissable. On remarque le design cylindrique du tableau de bord flottant aux couleurs gaies, avec au centre une version moderne de l'emblématique bouton rouge (pour les feux de détresse). Sur la Twingo de quatrième génération, ce bouton est intégré dans un boîtier transparent plus moderne.
Même dans une citadine compacte à la Renault, le double écran horizontal openR ne devrait pas manquer. Le cockpit ainsi créé et actualisé est composé d'un combiné d'instruments numérique de 7 pouces et d'un écran multimédia de 10 pouces qui apparaît au centre, au-dessus de la console centrale. Les deux écrans apportent de l'animation à l'intérieur en plus de la fonctionnalité. Les images ont été spécialement développées pour la Twingo. Et comme dans les grandes Renaults récentes, la séquence d'accueil avec une bande sonore de Jean-Michel Jarre ne pouvait pas manquer dans cette citadine compacte.
Polyvalente
Le design immédiatement reconnaissable s'accompagne sur la Twingo E-Tech électrique d'un intérieur polyvalent et modulable. Notamment, deux sièges arrière coulissants indépendamment l'un de l'autre permettent aux deux passagers arrière d'opter individuellement pour plus d'espace pour les jambes ou moins d'espace pour le coffre. Cette caractéristique est unique sur ce segment de marché. De même, le siège du passager avant dispose d'un dossier rabattable.
En tant que monospace cinq portes, la Twingo est facilement accessible. Avec des dimensions intérieures - comme pour les passagers des places arrière qui peuvent bénéficier d'un espace aux genoux de 16 cm - et une largeur aux épaules de 1 305 mm, la Twingo fait figure de référence dans cette catégorie de véhicules. Il en va de même pour le volume du coffre. Avec un volume de 360 litres, cette citadine compacte n'a rien à envier à nombre de modèles du segment B. Surtout quand on sait qu'avec sa carrosserie, la Twingo est une voiture de luxe. Surtout quand on sait qu'avec une longueur de carrosserie d'à peine 3,79 mètres, la Twingo peut à juste titre se qualifier de voiture du segment A.
Evolution & Techno
La Twingo E-Tech électrique ne laisse pas le choix de la taille de la batterie, mais elle propose deux niveaux d'équipement: Evolution ou Techno, plus richement équipée. Il convient d'ajouter que le niveau de finition Evolution est déjà très complet. L'équipement supplémentaire de la version Techno - telle que nous avons pu l'essayer - se compose principalement d'extras que l'on peut classer dans les catégories des logiciels et de l'assistance à la conduite.
En version Evolution, la Twingo E-Tech électrique est équipée d'un tableau de bord numérique de 7 pouces, d'un écran d'infodivertissement de 10 pouces, d'un régulateur de vitesse, d'une aide au freinage d'urgence et au maintien dans la voie, de capteurs de stationnement arrière, d'une climatisation manuelle et de sièges arrière réglables individuellement en longueur. La version Techno est également équipée de série du système multimédia OpenR Link avec intégration de Google. Parmi les autres équipements figurent la climatisation automatique, le régulateur de vitesse adaptatif avec Stop & Go, le système One Pedal Driving et la caméra de recul.
Co-pilote virtuel
Le système multimédia OpenR Link avec intégration de Google a entre-temps été utilisé dans les Mégane E-Tech électrique et Austral, dans le Rafale et l'Espace, ainsi que dans les Clio, Captur, R5 et R4 E-Tech électrique. Une technologie expérimentée donc, que Renault introduit désormais également sur le segment A. Notamment des commandes intuitives et l'accès à divers services Google. L'OpenR Link avec intégration Google permet ainsi d'accéder à la navigation via Google Maps et à l'Assistant Google à commande vocale.
Le nouveau partenaire de mobilité virtuelle Reno, que nous avons découvert sur les R5 et R4 E-Tech électriques, trouve désormais une application dans la Twingo en tant que technologie humanisée. Reno est un copilote virtuel capable d'assurer plusieurs fonctions. Il dispose en outre d'une expertise en matière de conduite électrique. Si la batterie doit être rechargée, il aide à trouver les installations de recharge appropriées et peut calculer l'itinéraire jusqu'à la borne de recharge la plus proche. Les modèles Twingo offrent désormais la possibilité d'utiliser l'intelligence artificielle, comme le ChatGPT.
Électricité EESM
La Twingo E-Tech électrique est construite sur la plate-forme AmpR Small, qui a fait ses preuves. L'essieu avant est identique à celui des R5 et R4 E-Tech electric. Contrairement à cette dernière, la Twingo n'est pas équipée d'un essieu arrière multibras. Celui-ci a été remplacé par un guidage des roues arrière par flexion (semi-indépendant). Ce train arrière est un dérivé du train arrière que l'on retrouve aujourd'hui sous le Captur.
La nouvelle Renault Twingo E-Tech électrique (année modèle 2026) sera-t-elle équipée d'un moteur synchrone à aimants permanents ? Pas du tout, même si certaines sources mentionnent le contraire. En effet, Renault utilise à nouveau un moteur synchrone à rotor bobiné, c'est-à-dire un moteur synchrone à excitation électrique (EESM).
Comme ces moteurs électriques ne nécessitent pas d'aimants permanents, l'utilisation de terres rares (comme le néodyme) est également réduite au minimum. La source d'énergie EESM de la Twingo E-Tech électrique développe une puissance maximale de 60 kW/82 ch sur une large plage de régime allant de 3 950 à 11 450 tr/min. La puissance de traction maximale (175 Nm) est ainsi disponible.
Pour la première fois chez Renault: des batteries LFP
Le stockage de l'énergie de la Twingo E-Tech electric est assuré par une batterie LFP (lithium fer phosphate). C'est une première pour le Groupe Renault. Nous avons déjà parlé des spécifications de ce réservoir d'énergie dans l'introduction. A savoir: 27,5 kWh, ce qui donne théoriquement à la Twingo une autonomie WLTP de 263 km. Quoi qu'il en soit, ne vous laissez pas tromper dans cette histoire par une capacité de batterie qui peut sembler un peu banale en cette période agitée pour les VE.
Les avantages d'une petite batterie ? Le faible poids et la réduction des pertes de conversion et de charge lors de la recharge. Ce n'est pas négligeable pour une citadine comme la Twingo. Mais ce n'est pas tout. Même si Renault invoque ici la technologie LFP, caractérisée par une densité énergétique plus faible que la technologie NMC (nickel manganèse cobalt), la LFP offre - surtout pour une citadine compacte - un rapport coût-autonomie plus favorable.
La technologie "Cell-to-pack" de CATL
La technologie "cell-to-pack" (où la composition de la batterie n'est pas constituée de modules) a permis d'augmenter la densité énergétique tout en réduisant les coûts de la batterie, en termes de taille et de poids. La composition de cette batterie LFP utilisée pour la première fois chez Renault comprend une plaque inférieure amovible et une unité électronique séparée en vue de réparations moins complexes. Nous voyons également un tapis chauffant améliorant l'efficacité, qui permet d'augmenter l'autonomie par temps froid et de raccourcir les temps de charge en courant continu. À l'instar d'autres véhicules électriques Renault, le système breveté Fireman Access, qui permet d'immerger plus rapidement les cellules de la batterie dans l'eau en cas d'incendie, a également été envisagé ici.
Il est intéressant de noter que ce système de stockage d'énergie LFP de 27,5 kWh, qui permet de réduire les coûts et ne pèse que 212 kg, est fourni par CATL. Contemporary Amperex Technology Co. Limited (CATL) est une entreprise technologique chinoise, le plus grand fabricant de batteries au monde et un acteur essentiel du marché mondial des véhicules électriques. Pour l'instant, CATL assemble encore ses batteries en Chine, mais une partie de cette production sera bientôt transférée sur le site hongrois de CATL. Une aubaine logistique pour Renault, qui assemble cette Twingo à Novo Mesto en Slovénie, non loin du site hongrois de CATL.
Fonction de charge avancée
La Twingo E-Tech electric est équipée de série d'un chargeur à courant alternatif d'une puissance maximale de 6,6 kW. Moyennant un léger supplément (490 €), cet équipement de charge standard peut être complété par le pack "Advanced Charge". Ce pack porte la puissance de charge en courant alternatif à 11 kW et intègre un chargeur embarqué en courant continu (CC) de 50 kW. Voir la fiche technique ci-dessous pour les capacités et les taux de charge.
Avec ce pack "Advanced Charge", Twingo E-Tech electric dispose immédiatement d'un chargeur embarqué bidirectionnel en courant alternatif de 11 kW, ce qui permet d'envisager une fonction V2L (vehicle-to-load). A savoir: la possibilité d'alimenter un appareil externe de 220 volts d'une puissance maximale de 3 700 watts avec l'énergie de la batterie de traction.
Pas rapide, mais souple
Le faible poids de la Twingo E-Tech électrique signifie que le niveau de performance du groupe motopropulseur EESM de 82 ch est plus que suffisant pour traverser la ville en douceur. Mais ce n'est pas parce que la nouvelle Twingo est douce qu'on peut la qualifier de rapide. Ce n'est d'ailleurs pas nécessaire. Cette citadine entièrement équipée, confortable et toujours agréable à conduire peut passer de 0 à 100 km/h en 12,1 secondes et - si cela s'avérait vraiment nécessaire - atteindre une vitesse de pointe de 130 km/h.
Le faible poids et l'adhérence impeccable des roues avant - il faut savoir que l'ancienne Twingo Electric était encore entraînée par les roues arrière - font que jusqu'à une vitesse de 75 km/h, elle prend de la vitesse avec une facilité surprenante. À des vitesses plus élevées, le trajet semble un peu décalé et il faut s'armer de patience. Par conséquent, sur les tronçons plus rapides en dehors de la ville, dans les pentes ou lors des dépassements, il faut faire preuve d'un peu plus de prudence.
Dans notre version Techno, la Twingo E-Tech electric dispose d'une fonction "One Pedal", similaire à celle récemment introduite sur la R4 E-Tech electric. Grâce à des palettes au volant, il est possible de choisir un quatrième mode de régénération en décélération, qui maximise la récupération d'énergie dès que la pédale d'accélérateur est relâchée et que le véhicule s'arrête complètement. Cela se fait sans appuyer sur la pédale de frein.
Une agilité exemplaire
Nos premières impressions de conduite sont majoritairement positives. Une dynamique de conduite agile, certes typique d'une voiture conçue pour la circulation urbaine. Etonnamment typique pour cette Renault compacte qui, grâce notamment à un faible rayon de braquage, peut être qualifiée d'exemplaire en matière de maniabilité.
Mais même en tant que citadine typique, la Twingo E-Tech electric se révèle être un véhicule électrique confortable et agréable à conduire sur les longs trajets et en dehors de la ville. Ainsi, même dans la périphérie moins encombrée de la ville et sur les routes secondaires plus rapides, la Twingo parvient à surprendre agréablement. Elle laisse derrière elle, avec une facilité déconcertante, les routes interurbaines plus rapides et sinueuses. Elle continue de plaire grâce à un confort de conduite général favorable et à une direction tout aussi favorable.
Même s'il doit se passer de la suspension arrière multibras de ses grands frères EV R4/R5, cela n'enlève rien à son plaisir de conduire. En fait, nous avons l'impression que cette Twingo peut laisser derrière elle un dos d'âne ferme avec plus de tranquillité d'esprit et une suspension plus souple. Une suspension plus souple, la Twingo l'est assurément. Mais cela ne la rend pas moins stable dans les virages rapides. Une dynamique favorable, donc, à laquelle le faible poids de la voiture et la direction finement réglée et réactive ne sont pas étrangers.
Conclusion
L'introduction d'un essieu arrière semi-indépendant mais moins encombrant, comme nous le connaissons sur le Captur, ne nuit pas à la dynamique de conduite de cette Twingo. En outre, cette citadine compacte est et sera toujours basée sur la plateforme AmpR Small, riche en expériences, et peut donc bénéficier du surplus de cette "fondation" modulaire. Bien qu'elle soit guidée par les roues arrière, la Twingo, moins lourde et plus souple, conserve les caractéristiques de conduite agréables de ses grandes sœurs R5 EV basées sur la plate-forme AmpR Small.
Avec cela, en tant que voiture compacte du segment A, la Twingo ne doit pas être inférieure aux voitures du segment B qui étaient déjà considérées comme une référence dans leur catégorie en termes d'agrément de conduite. Contrairement à la Renault 5 E-Tech, qui permet de choisir entre plusieurs types de batteries, la nouvelle Twingo est équipée de série d'un seul type de batterie. Une batterie qui, à première vue, peut sembler minuscule. Mais un stockage d'énergie un peu plus petit, savamment optimisé pour l'utilisation urbaine de la Twingo. Avec une capacité suffisante pour cette Renault. Mais nous vous l'avons déjà dit: cela ne devrait pas être plus que cela.