Du bouchon de remplissage à la prise de charge
Essai routier Nissan Micra Extended Range (52 kWh - 110 kW/150 ch)
Elle était temporairement indisponible chez Nissan, mais l'année dernière, son nom figurait à nouveau sur les prospectus. La Micra en tant que voiture compacte à hayon était de retour. Toujours électrique. Une version à essence ou hybride n'était plus à prévoir. Le bouchon d'essence classique a finalement été remplacé par un hayon et des prises électriques. Enfin, parce que la nouvelle Nissan est identique à la Renault 5 E-Tech, partageant sa base technique avec la plate-forme AmpR de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, développée spécifiquement pour les voitures à batterie.
Qu'il n'y ait pas d'alternative fossile ne devrait pas surprendre un constructeur comme Nissan, après tout l'un des principaux initiateurs de la motorisation électrique. L'initiative électrique du constructeur japonais ne s'est pas limitée à la fameuse Leaf. En effet, dans les générations précédentes de Micra, Nissan avait déjà installé un petit moteur électrique (auxiliaire) sur l'essieu arrière. Ce premier pas vers l'électrification de la Micra était spécifiquement destiné au marché japonais et est donc resté sous le radar des médias de notre pays.
La nouvelle Micra est donc une voiture à hayon purement électrique. Ceux qui cherchent à acheter une telle berline compacte 5 portes avec un moteur à combustion trouveront de nombreuses alternatives au sein de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.
Étant donné que Nissan - au sein de cette alliance et certainement en ce qui concerne les voitures de tourisme compactes - préfère jouer la carte de l'électricité, la question reste de savoir si, à l'instar de la R5 E-Tech, on peut également s'attendre à une version de base de la Micra de 95 ch avec un stockage d'énergie de 40 kWh. Mais d'après ce que nous dit Nissan, la gamme Micra est limitée à une version de 122 ch ou 150 ch avec une batterie de 40 kWh ou 52 kWh, respectivement. Au lieu de cela, Nissan pourrait bientôt introduire une voiture électrique du segment A encore plus compacte. Il est évident que sa base technique ressemblera fortement à la Renault Twingo E-Tech récemment testée ici.
Similitude technique, conception propre
Il y a des similitudes considérables, mais aussi des différences. Ceux qui sont un peu au fait de la technique comprendront ce que nous voulons dire. Dotée de capacités identiques et respectables, la Nissan Micra ne peut qu'être aussi agréable à conduire que sa jumelle R5.
La similitude technique entre la Nissan et la Renault est donc grande. Trop grande, diront certains. En raison d'un manque de spécificité et de caractéristiques de conduite? C'est incontestable. Cependant, il ne serait pas justifié d'en déduire que Nissan a fait trop peu d'efforts pour distinguer plus clairement la Micra de la R5.
Nissan s'appuie peut-être sur la même technologie, mais elle a fait plus d'efforts en matière de design qu'on n'oserait le soupçonner. Le travail de design de Nissan ne s'est pas limité à concevoir des phares et des blocs de feux arrière légèrement modifiés. Même si la Micra présente un profil très proche de celui de la R5, on ne trouve pas un seul panneau de carrosserie sur la Micra qui soit identique à celui d'une R5. De ce point de vue, la Micra est un modèle à part entière.
Incontournable
Même technologie, mêmes panneaux de carrosserie. Et qu'en est-il de l'habitacle? Il présente lui aussi des similitudes indéniables avec la R5. Beaucoup d'espace pour la tête et les jambes à l'avant, peu d'espace pour les jambes et la tête à l'arrière. Avec, pour les plus grands d'entre nous, un accès difficile à la banquette arrière.
En revanche, pour une berline compacte comme celle-ci, un volume de coffre de 325 litres peut être qualifié de surprenant. Pratique, d'ailleurs, grâce à ce grand hayon et, une fois les sièges arrière rabattus, à un volume de chargement de 1 106 litres. Dans la nouvelle Micra aussi, on cherche en vain un coffre. Sachez toutefois que sous le faux fond du coffre se cache un autre compartiment de 41 litres.
Google intégré
L'habitacle semble lui aussi tout droit sorti d'une R5. La nouvelle Micra est donc équipée d'un double écran de 10,1 pouces - tableau de bord et système d'infodivertissement - dont la conception et la technologie logicielle sont pratiquement identiques à celles d'une R5.
Alors que les modèles Nissan précédents fonctionnaient avec un logiciel propriétaire, cette Micra électrique passe à un système intégré par Google, similaire bien sûr au système OpenR Link de Renault. On parle donc d'Android Automotive OS tel qu'il est utilisé dans la R5 et donc intégré directement dans la Micra. Ce qui élimine également la nécessité de coupler un téléphone mobile pour utiliser les fonctions de Google. Le logiciel donne un accès direct à Google Maps, Google Assistant et Google Play Store.
Le bouton poussoir le plus utilisé
Et comme un tel cockpit ne nous a jamais déçus lors de nos précédentes rencontres avec des R5, nous pouvons tout à fait nous en accommoder dans cette Nissan également. Ainsi, le système multimédia fonctionne également sous Android Automotive dans la Micra - et à l'instar de la R5 - avec lequel nous - en tant qu'adeptes pas trop fanatiques de la digitalisation - nous sommes rapidement familiarisés. Un cockpit où tout n'est pas numérique et où l'on peut encore régler la climatisation avec les bonnes vieilles commandes physiques.
Nous sommes heureux de constater que même dans la Micra, le bouton poussoir le plus utilisé chez Renault ne manque pas à la pomme. Il s'agit du bouton qui active les réglages préférés via une fonction personnalisée My Safety ou, mieux encore, qui met en sourdine les systèmes de sécurité inutiles ou trop envahissants.
La grande différence avec la R5 est que dans la Micra, on trouve des palettes derrière le volant, qui permettent de régler le degré de freinage du moteur électrique, y compris le niveau de récupération de l'énergie. Dans la R5, cette récupération ne peut être augmentée qu'en passant le levier de vitesse de D à B.
Moteur électrique fréquemment utilisé
La Micra de sixième génération est disponible avec deux puissances de moteur: 122 ch et 150 ch. La version la moins puissante dispose de 40 kWh de stockage d'énergie. Notre modèle d'essai, plus puissant, est équipé d'une batterie de 52 kWh située sous la plaque inférieure.
Dans les deux cas, le moteur électrique est un dérivé direct d'une source d'énergie électrique souvent utilisée au sein de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. La nouvelle Micra étant techniquement identique à la Renault 5 E-Tech Electric, il s'agit donc du même moteur électrique. La R5, "sœur" de la Micra, sera également équipée des moteurs électriques de 120 ch/90 kW et 150 ch/110 kW. On retrouve également ces moteurs électriques ou leurs dérivés dans la Renault 4 E-Tech Electric. Comme dans l'Alpine A290, d'ailleurs, la variante sportive de la R5 où un dérivé plus puissant fait la loi.
Tous ces exemples impliquent un moteur électrique synchrone à rotor bobiné. Par conséquent, sans aimants permanents, sans terres rares et de construction plus compacte. Un concept de moteur que nous avons vu pour la première fois appliqué à la Renault Mégane E-Tech, mais dans une variante plus puissante.

Des similitudes avec des différences subtiles
Dès les premiers kilomètres, il apparaît clairement que Nissan, bien que partant d'une base connue, a accordé beaucoup d'attention au confort et au raffinement. Avec le moteur électrique de 150 ch, on démarre toujours en douceur et on ne ressent jamais un manque de volonté de travailler.
Tout le monde n'est pas d'accord avec nous, mais un atout important de la Micra reste que Nissan a complété la base technologique R5 avec son désormais apprécié système e-Pedal. Dans un trafic dense, ce système permet généralement de conduire avec une seule pédale à tout moment. Pour une voiture compacte de ce calibre, nous préférons ce système aux réglages de régénération standard de la R5 E-Tech.
Ce mode à une pédale fonctionne parfaitement dans la circulation urbaine dense et dans les files d'attente des embouteillages. Dans ce mode, la Micra freine un peu trop brusquement lorsqu'elle relâche la pédale d'accélérateur, et le passage de la décélération régénérative au freinage mécanique se fait en douceur. Dans la circulation normale, on peut utiliser les palettes situées derrière le volant pour choisir manuellement un niveau de régénération plus faible ou plus élevé.
La puissance de charge rapide de 100 kW (en combinaison avec la batterie de 52 kWh de notre modèle d'essai de 150 ch) peut sembler minime et peu innovante. Pour un véhicule électrique de cette catégorie, elle nous semble cependant suffisante. Comme l'illustrent d'ailleurs les temps de charge en courant continu indiqués dans la fiche technique ci-dessous. En ce qui concerne les performances du moteur, il est juste de dire que la Nissan Micra et la Renault 5 E-Tech ont des performances comparables. En revanche, le mode pédale unique de la Micra apporte une différence subtile en termes de réglage et de maniabilité.
Guidage raffiné des roues arrière
Nissan n'a rien changé au châssis non plus. C'est exactement pour cette raison que la Micra présente les mêmes caractéristiques de tenue de route que la R5. Ah oui? En effet, à l'instar de la R5, la Micra dispose - pour cette catégorie de voiture - d'une suspension avancée et finement réglée. Elle est dotée de jambes de force McPherson à l'avant et d'un guide de roue multibras à l'arrière. Ce dernier point est remarquable pour les voitures de ce segment de marché, où les véhicules doivent généralement se contenter d'une barre de torsion semi-indépendante ou d'autres solutions, certes moins coûteuses et plus compactes.
Avec ce guide de roue arrière plus coûteux, les conducteurs de Micra bénéficient de la valeur ajoutée d'une suspension superbement équilibrée. Celle-ci offre un équilibre parfait entre le confort et la dynamique de conduite. À grande vitesse, elle fait preuve d'une grande stabilité en ligne droite. En virage, elle se montre rapide, solide et confiante. Accommodante, surtout lorsqu'il s'agit de se débarrasser des petites aspérités de la route. Une suspension souple, c'est certain. Une direction toujours et partout légère, précise et souple.
Différentes
La Micra et la R5 exploitent toutes deux cette suspension arrière multibras, qui est très avancée pour cette catégorie de véhicules. Toutes deux utilisent également les mêmes moteurs électriques et la même capacité de batterie (150 ch et 52 kWh dans le cas de notre modèle d'essai). La question que cela soulève était prévisible: même si les deux voitures sont technologiquement identiques, présentent-elles les mêmes qualités de conduite?
Mais cette question n'a pas lieu d'être. La Micra ne se conduit ni mieux ni moins bien que sa jumelle R5. Elle se conduit différemment. La R5 affiche un comportement légèrement plus sportif et surtout plus enjoué, qu'elle associe à son look rétro. La Micra convainc par son caractère plus confortable et son équipement de série plus complet. Il y a aussi un plus qui n'est pas désagréable pour une voiture compacte à hayon qui sera souvent conduite dans un trafic dense: le mode de conduite à une pédale et la possibilité de choisir la quantité de récupération d'énergie lors d'un ralentissement.

Conclusion
La Nissan Micra se conduit en douceur et sans à-coups. Grâce en partie à sa suspension arrière multibras, elle peut faire preuve d'une grande maturité de comportement. Comme son frère jumeau R5, nous la comptons sans aucun doute parmi les meilleurs VE de ce segment de marché. La Micra est légèrement plus chère, mais son équipement de série est plus complet que celui d'une R5 E-Tech Electric, comparable en termes de puissance et de capacité de batterie.
Et non, cette Nissan ne se conduit pas mieux ou moins bien que la Renault. Elle se conduit différemment, vise un peu plus le confort et, en ville et dans les embouteillages, la commande d'une seule pédale est un atout important. Pour l'instant, en tout cas.