La voiture électrique reste marginale comme tractrice
L’étude ACSI pointe les freins chez les caravaniers
Malgré la montée en puissance des voitures électriques sur le marché, leur adoption comme véhicule tracteur pour caravanes demeure limitée. Les contraintes pratiques liées à la recharge et à l’usage en conditions réelles expliquent largement cette retenue.

Alors que 7,5% du parc néerlandais de voitures particulières est aujourd’hui entièrement électrique, seuls 1,8% des propriétaires de caravanes utilisent un véhicule électrique comme voiture tractrice. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle menée par le spécialiste du camping ACSI. L’infrastructure de recharge, souvent inadaptée aux véhicules avec remorque, constitue l’un des principaux freins.
Réalisée fin 2025, l’étude a recueilli les réponses de près de 5.000 caravaniers. Parmi eux, 55% roulent à l’essence, contre près de 75% cinq ans auparavant. Sur la même période, la part des hybrides (rechargeables) est passée de 7,5% à 29%. Le diesel poursuit son recul, avec une part passant de 23% en 2020 à 13,3% en 2025, tout en restant plus répandu que la voiture 100% électrique dans ce segment. À l’échelle du parc automobile total, l’électrique a déjà dépassé le diesel.
Le dételage reste un obstacle majeur
La part des véhicules tracteurs entièrement électriques est passée de 1,1% à 1,8% en un an. Si de nombreux modèles électriques disposent d’une puissance suffisante pour tracter une caravane, près de 75% des répondants citent l’autonomie limitée comme principale raison de ne pas opter pour un tel véhicule. Le prix d’achat élevé est mentionné par 44% des participants. Un tiers estime par ailleurs que trop peu de stations de recharge sont adaptées à la recharge avec une caravane attelée.
Sur les principaux axes touristiques, la majorité des stations de recharge rapide impose de dételer la caravane avant de pouvoir recharger, ce qui complique la logistique, en particulier en période d’affluence.
Appel à revoir l’aménagement des stations rapides
Ramon van Reine, CEO d’ACSI, comprend ces réticences, tout en soulignant certaines évolutions positives. “Plus d’un camping européen sur cinq dispose désormais de bornes de recharge, répondant ainsi à l’augmentation des véhicules électriques et hybrides rechargeables chez les vacanciers.”
Il appelle néanmoins les exploitants de bornes rapides le long des autoroutes à revoir l’aménagement de leurs sites. “Contrairement aux stations-service traditionnelles, de nombreuses stations de recharge sont conçues avec des emplacements perpendiculaires aux bornes. Les remorques doivent être dételées et, en cas de forte affluence, il devient difficile de stationner une caravane ou une tente pliante. Cette configuration freine l’acceptation de la mobilité électrique auprès de ce public.”
Un potentiel technique réel comme véhicule tracteur
Selon Van Reine, la prudence des caravaniers est compréhensible, mais les performances évoluent rapidement. “Nos essais avec les modèles les plus récents montrent que les voitures électriques sont d’excellents véhicules tracteurs, offrant une conduite stable et une autonomie en constante progression. L’autonomie est certes réduite de moitié avec une caravane attelée, mais ce phénomène concerne tout autant les motorisations essence et diesel. Le réseau de recharge rapide est largement suffisant sur les grands axes européens, à condition d’adapter l’infrastructure aux usages avec remorque.”