De faibles coûts d'exploitation et une autonomie pouvant atteindre 1.400 km
Essai routier du Dacia Duster 1.2 Eco-G 120 EDC (90 kW/122 ch)
Il y a deux ans, le nouveau Dacia Duster est passé de la plateforme B classique à une base Renault-Nissan plus avancée, conforme à l'architecture CMF-B. À l’instar du Jogger et de la Sandero avant elle, le nouveau Duster a ainsi pu bénéficier des dernières évolutions en matière de motorisation, d’une dynamique de conduite rééquilibrée et de la possibilité d’intégrer des systèmes d’aide à la conduite électroniques de pointe. Il y a quelques mois, la gamme de motorisations de cette nouvelle Duster, désormais de troisième génération, a été modernisée. Le moteur hybride 155 a remplacé le moteur hybride 140, le moteur hybride léger 130 a cédé la place à un moteur hybride léger 140 et l’Eco-G 100 a laissé place à une motorisation Eco-G 120 essence/LPG.
Le trois-cylindres atmosphérique qui équipait la troisième génération du Duster Eco-G 100 a été remplacé par un trois-cylindres suralimenté par un turbocompresseur à gaz d'échappement. Par rapport à l’Eco-G 100-ICE, celui-ci présente un alésage légèrement plus grand (75,5 mm), mais une course nettement plus longue (89,3 mm). Ce qui se traduit par une cylindrée de 1.199 cm³. Le taux de compression est un paramètre non négligeable pour un moteur à allumage commandé destiné à une application bi-carburant. Mais la valeur officielle de compression de ce bloc 1.2 Eco-G spécifique n’est pas explicitement mentionnée dans les descriptions techniques habituelles de Dacia/Renault.
Rationnel
Quelles que soient ces valeurs de compression, notre essai du Duster Eco-G – c’est-à-dire le nouveau Duster LPG d’usine – montre que cette Dacia constitue un choix extrêmement rationnel et économique. Même sur un marché où tout ce qui n’est pas à propulsion électrique reste honteusement sous-estimé, tant sur le plan environnemental qu’économique.
Dans le cas de ce nouveau Duster au LPG, proposé à un prix très compétitif, l’introduction de la plateforme CMF-B, combinée à la motorisation bi-fuel désormais modernisée, n’a pas seulement permis d’obtenir un modèle LPG plus puissant de 20 ch. Les versions bi-fuel sont également devenues plus polyvalentes et méritent à juste titre l'étiquette de 'choix rationnel', avec des coûts d’utilisation qui s'annoncent fortement optimisés,
Dacia et LPG
Dacia propose aujourd’hui une version bi-carburant au GPL pour tous ses modèles équipés d’un moteur à essence. Pour le nouveau Duster Eco-G 120, on connaît d’ores et déjà un avantage environnemental: ses émissions moyennes de CO₂ sont inférieures de 10 % à celles d’un Duster comparable équipé d’un moteur à essence.
À une époque où le terme 'autonomie' est galvaudé, ce Duster Eco-G 120 offre une autonomie pouvant atteindre 1.380 kilomètres. Grâce à deux réservoirs qui offrent un volume de stockage utile cumulé de 100 litres. Avec un réservoir d’essence de 50 litres et un réservoir de LPG de 50 litres également, monté sous le plancher du coffre. On peut même dire qu'il est parfaitement intégré au plancher du coffre car le volume de chargement d’origine a été conservé.
Deux options GPL
Le nouvel Eco-G 120 (4x2) à traction avant testé ici constitue l’option de base de la gamme actuelle de Duster au LPG. Ce modèle offre le choix entre une boîte manuelle à six rapports et – comme sur notre modèle d'essai – une boîte EDC à six rapports.
Il existe également le Duster hybride G 150 4x4, qui fonctionne lui aussi au LPG. Chez Dacia, on parle d’une première mondiale absolue pour cette motorisation. En effet, elle combine une technologie hybride légère, un moteur électrique supplémentaire sur l’essieu arrière et une boîte de vitesses automatique avec un réservoir de LPG. Considérée comme une version LPG construite en usine et commercialisée telle quelle – qui dispose en outre d’une transmission 4x4 –, il pourrait en effet s’agir d’une première mondiale.
L'association de l'essence et de la technologie hybride n'est donc pas une nouveauté. À la fin des années 90, nous avons déjà conduit les tout premiers exemplaires d’essai, certes rares, d’une Toyota Prius roulant au LPG. Comme Toyota ne construisait pas à l'époque de versions LPG d'usine de cette Prius pionnière et partiellement électrifiée, des installateurs de LPG belges innovants (nous pensons notamment à Drive Systems) ont expérimenté des solutions pour rendre cette technologie hybride naissante encore plus écologique.
Réservoir LPG sans perte d’espace dans le coffre
Revenons au Duster Eco-G 120 (4x2) à traction avant présenté ici. Le passage à la plateforme CMF-B, largement utilisée, pour la troisième génération du Duster a permis – outre l’amélioration de la dynamique de conduite et l’introduction de nouvelles motorisations – d’intégrer des systèmes d’aide à la conduite électroniques modernes. Indépendamment du fait que, sans modifier les dimensions extérieures de la deuxième génération de Duster, il a tout de même été possible de créer davantage d’espace intérieur. Le nouveau Duster n’a donc quasiment pas vu ses dimensions augmenter mais il est devenu nettement plus spacieux que son prédécesseur.
Même pour les Duster à traction avant – comme le Duster Eco-G 120 (4x2) –, le coffre est donc plus spacieux que sur les anciens modèles. Il est d’ailleurs passé de 445 à 472 litres en configuration cinq places. De plus, la version LPG ne subit aucune perte de volume de coffre. Le réservoir de LPG est d’ailleurs parfaitement intégré à l’emplacement où se trouve la roue de secours sur les versions non LPG .
Comme dans tous les Duster de troisième génération, ce sont principalement les passagers avant qui profitent le plus de cet espace intérieur accru, y compris dans cette version LPG . À l’arrière, on profite moins de ce gain de volume. Un certain manque d’espace pour les jambes risque de se faire sentir, surtout si le passager avant ou le conducteur opte pour une position assise un peu plus en arrière.
Matériaux recyclés
Le passage à une nouvelle architecture de base s’est également traduit, pour les nouveaux Duster, par une modernisation en profondeur du design extérieur et de l’architecture intérieure. Cette dernière se traduit, dans notre voiture d’essai au LPG , par un habitacle soigneusement fini et astucieusement agencé.
Les éléments en plastique n'appartiennent pas encore tout à fait au passé chez Dacia. Malgré tout, la finition finale fait nettement moins 'cheap' que ce à quoi les générations précédentes nous avaient habitués - notamment grâce à l’utilisation de matériaux davantage recyclés. Toutefois, nous souhaiterions que les plastiques durs et sensibles aux rayures actuellement utilisés dans l’espace pour les pieds – c’est-à-dire dans les zones inférieures de l’habitacle – soient remplacés par des matériaux plus faciles d’entretien et plus résistants aux rayures.
Trois niveaux d'équipement LPG
Pour les dernières versions du Duster au LPG, Dacia propose le choix entre trois niveaux d’équipement: Essential, Expression et la version haut de gamme Journey. La version de base Essential, bien équipée, comprend notamment des barres de toit, des capteurs de stationnement arrière et un support pour téléphone portable. Ce dernier est présent car l’Essential n’est pas équipée d’un écran d’infodivertissement et son tableau de bord se compose de compteurs classiques.
Les modèles Expression sont dotés d’un écran d’infodivertissement de 10,1 pouces et les compteurs classiques sont remplacés par un tableau de bord électronique (c’est-à-dire numérique). Par ailleurs, une caméra de recul, ainsi que les fonctionnalités sans fil Apple CarPlay et Android Auto, font partie des équipements de la version Expression.
La version Journey est également la version haut de gamme du Duster GPL, qui propose notamment des jantes en aluminium plus grandes, la climatisation automatique, un système d’infodivertissement doté d’un système de navigation en temps réel, un frein de stationnement électrique et un chargeur de téléphone portable par induction.
Conduite
L’arrivée du moteur turbo trois cylindres de 1,2 litre a déjà permis d’éliminer le principal défaut de l’ancien trois-cylindres atmosphérique du Duster Eco-G 100 bi-fuel de la gamme Dacia. Sachez-le: il s’agissait du manque de puissance et de dynamisme à bas régime. Grâce à ce nouveau moteur turbo développant 122 ch et un couple de 197 Nm, ce Duster au LPG accélère avec plus d’entrain et se montre déjà un peu plus réactif lors des accélérations intermédiaires.
En matière d’accélération et de reprises, on remarque également moins de différence entre la conduite en mode essence et en mode LPG . Ce n’est que lors de longues montées soutenues que nous constatons – de manière plus marquée en mode LPG – que le trois-cylindres manque un peu de punch à bas régime. Le passage du LPG à l’essence (et inversement) est facile et s’effectue instantanément à l’aide d’un bouton bien intégré, situé à gauche du volant, sous le tableau de bord.
Contrairement à l’ancien moteur de 1,0 litre, ce moteur turbo offre un fonctionnement plus souple. Bien qu’il émette lui aussi le grondement typique d’un trois-cylindres, il vibre nettement moins que son prédécesseur atmosphérique.
La nouvelle boîte automatique EDC à 6 rapports et double embrayage passe les vitesses avec souplesse, précision et rapidité. Tout cela peut être qualifié de plus économe en carburant – par rapport à l’ancienne Eco-G 100 et compte tenu de l’augmentation de puissance. Ce qui se traduit également par cette autonomie exceptionnelle. En pratique, et d’après nos mesures de consommation (qui pourraient certainement être inférieures si l’on avait le pied un peu moins lourd), une autonomie pratique et réaliste de plus de 1.200 km est atteignable. Ceci est notamment dû à une capacité de réservoir de 100 litres: 50 litres pour l’essence et 50 litres pour le LPG.
Grâce à son poids relativement faible, le Duster à traction avant se montre remarquablement stable dans les virages. Et ce, sans roulis excessif et malgré un châssis au réglage souple.
Par rapport à l’ancien Duster, ce modèle affiche donc un comportement routier et un confort de conduite améliorés. C’est quelque chose que nous avions déjà pu constater auparavant. Ce nouveau Duster offre une direction plus directe, s’incline beaucoup moins dans les virages pris à vive allure et donne une impression bien plus 'adulte' à grande vitesse que les anciens Duster. Et oui, l’insonorisation a également été améliorée, avec moins de bruits de vent et de moteur. Encore une amélioration par rapport à la génération précédente de Duster au LPG.
Conclusion
Le nouveau Dacia Duster est passé de l’ancienne plateforme B à l’architecture de base Renault-Nissan CMF-B, plus avancée. Nous avons déjà pu constater, lors de précédents essais, que ce SUV économique très populaire a ainsi franchi un cap en termes de comportement routier et de raffinement. Lors de cet essai de l’Eco-G 120, nous avons constaté que le point faible de son prédécesseur, l’Eco-G 100, avait été corrigé. Le nouveau moteur turbo fait preuve de plus de punch, même à bas régime, et se contente par ailleurs de moins de LPG ou d’essence.
Il ne faut bien sûr pas s’attendre à des performances sportives. Il s’agit d’une voiture qui, outre l’économie de carburant et les faibles coûts d’exploitation, vise avant tout à offrir confort et fonctionnalité. Le bémol réside toutefois dans la capacité de remorquage du Duster Eco-G 120, qui reste plutôt faible. En tant que modèle au LPG, il est donc moins adapté au remorquage de remorques ou de caravanes lourdes.

Mais en tant que voiture au LPG et en raison de ses faibles émissions de CO₂, on ne s'acquitte que d'une taxe de mise en circulation (TMC) minimale et perçue une seule fois. À cela s'ajoute l'avantage financier lié au LPG, qui coûte environ moitié moins cher que l'essence E10. En Flandre, le LPGest toutefois soumis à une surtaxe annuelle obligatoire, en plus de la taxe de circulation habituelle. Un léger surcoût qui est rapidement amorti grâce à l'économie de carburant.
Nous considérons donc volontiers le Duster Eco-G 120 (4x2) comme un SUV confortable, économique et abordable, doté d’une autonomie incomparable. Une voiture pratique, robuste et spacieuse, dont les coûts d’utilisation restent comparables à ceux d’une citadine bien plus compacte, moins pratique et nettement moins confortable.